Continuer d’écrire l’histoire
Dans ces 400 m² de La Dépêche du Midi, l’agence S8 au carré fait dialoguer mémoire et modernité à travers un projet d’aménagement qui puise dans l’histoire du journal pour mieux raconter ses projets actuels et à venir. Continuer d’écrire l’histoire, c’est le fil conducteur de ce projet : faire remonter à la surface les signes qui ont façonné l’identité du journal, les réinterpréter avec les codes d’aujourd’hui et leur donner une nouvelle place dans ses locaux.
Ainsi, sous la table de réunion, l’histoire de La Dépêche du Midi est gravée dans le métal perforé de ses pieds rétroéclairés. Plus loin, une immense bobine d’impression suspendue au mur évoque le mouvement perpétuel de la presse, clin d’œil direct à la fabrication du journal et à ses rotatives, et retrace, du plafond jusque sous les pieds de ceux qui traversent le couloir, l’histoire de la DDM grâce à un texte de son président. Dans les toilettes, les unes les plus célèbres du journal recouvrent l’ensemble des murs.
Pour imaginer ces nouveaux espaces, l’agence S8 au carré s’est tournée vers un lieu fondateur : les locaux historiques de La Dépêche du Midi, rue d’Alsace-Lorraine. Avec ses huit mètres de longueur, la suspension de la salle de réunion constitue l’une des pièces maîtresses du projet : sa géométrie reprend les lignes caractéristiques de la façade Art déco ainsi que ses couleurs. La déesse de la presse est réinventée en sticker doré sur les grandes baies vitrées, et le logo d’époque est décliné sur les poignées de porte et rideaux.
Mais continuer d’écrire l’histoire, c’est aussi accepter qu’elle évolue. À ces espaces chargés de références historiques répond une salle plus moderne, aux couleurs de la brique rose, qui assume une autre facette de l’identité de La Dépêche du Midi. Les codes y changent, sont plus modernes et font écho aux mutations du groupe : développement du numérique, diversification des activités et transformation des modes de production et de diffusion de l’information. Ainsi, des arches aux couleurs de la ville rose et de la Dépêche découpent la pièce comme de grandes pages de journal, perforées du célèbre D majuscule. L’espace est modulable grâce à des sièges siglés aux lettres et couleurs du journal, et des tables en verre et acier laqué.
D’un côté, la mémoire d’un journal ancré dans l’histoire de Toulouse ; de l’autre, l’expression d’un groupe de presse tourné vers de nouveaux usages et de nouveaux horizons.
Continuer d’écrire l’histoire, c’est faire en sorte que le passé ne soit jamais qu’une page tournée, mais toujours le début de la suivante.